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Histoires de migrants (1)

Tadek, 24 ans, m’adresse une demande inattendue : Madame, j’aimerais qu’on me mettre en prison, pouvez-vous m’aider. J’ai des difficultés à comprendre : vous mettre en prison ? Pour quoi faire ? Il s’explique : Depuis deux ans je suis recherché par la police. Je l’ai appris seulement le 27 juillet 2009.

Ce jour-là je suis parti à la pêche avec des potes. Nous avons été arrêtés par la police et emmenés au poste. Après vérification sur leur ordinateur, il s’est avéré qu’il y a deux ans, j’avais pris deux mois ferme. Après quoi on m’a dit qu’on ne m’enfermerait pas, et que je devais faire appel. Ils m’ont donné seulement deux semaines pour ça. Je ne savais pas comment faire ni à qui m’adresser pour me faire aider. Maintenant il est trop tard pour faire appel. Mais j’en ai marre de vivre dans l’incertitude. J’ai peur à chaque instant de tomber sur un contrôle d’identité, d’être arrêté et coffré. Je préférerais que tout ça soit déjà derrière moi, que je puisse repartir à zéro. Et vous, qu’est-ce que vous en pensez, si on me met en prison tout de suite, je pourrais avoir une permission pour partir en Pologne à Noël ?

 

 

Il me montre le jugement. En effet, Tadek a été condamné à deux mois de prison ferme pour avoir « frauduleusement soustrait, […], 6 bidons de fuel (carburant) de 30 litres, au préjudice de l’entreprise x. » La peine de deux mois de prison ferme pour ce délit me paraît trop sévère. Mais Tadek a des antécédents judiciaires et ce n’est pas sa première condamnation. Je téléphone donc au commissariat. Un policier sympathique m’explique la procédure. À son avis, Tadek a peu de chance de se retrouver en prison, mais il lui conseille de se rendre au commissariat de police le plus proche de son domicile et de régulariser sa situation. L’avocat qui travaille avec Parabole conseille d’aller au Tribunal de Grande Instance, voir le juge d’application des peines et de demander l’aménagement de sa peine. C’est ce que nous avons finalement fait. Tadek est convoqué chez le juge pour le 4 février.

Grzegorz a 48 ans. Il s’est présenté chez Parabole afin qu’on l’aide à rédiger une lettre de motivation pour entrer dans une cure de désintoxication alcoolique. Il nous raconte son histoire : Je suis arrivé en France en 2000 pour travailler sur un chantier pendant trois mois. J’ai signé un contrat avec une entreprise franco-polonaise. J’ai travaillé dur pendant ces 3 mois, mais je n’ai jamais été payé. J’avais honte de revenir en Pologne et d’avouer que je me suis fait rouler dans la farine. Je me suis retrouvé à la rue. J’ai rencontré d’autres Polonais dans la même situation que moi. J’ai commencé à boire pour oublier. De temps en temps je trouvais des boulots au noir et le temps est passé. Enfin en 2007 j’ai trouvé un travail déclaré, mais une fois de plus je n’ai pas eu de chance. Au bout de 3 jours, ma colonne vertébrale n’a pas supporté l’effort inhabituel et je me suis fait un tour de rein. Deux opérations et deux ans de convalescence ! De nouveau j’ai replongé dans l’alcool. Maintenant j’ai décidé de m’en sortir. Mon fils se marie dans un an, je veux être en forme pour cet événement !

Pour Jacek, Leszek, Marek et Pawel nous avons rempli des demandes d’aide juridictionnelle. Ils ont tous travaillé pour la même entreprise comme chauffeurs de poids lourd et tous ont été licenciés le même jour de façon abusive sans respect des procédures. Ils réclament à leur ancien employeur leurs attestations Pôle emploi (indispensables pour le calcul des indemnités journalières), la régularisation de leurs salaires, congés payés, les indemnités de licenciement, le remboursement des heures supplémentaires. L’affaire est compliquée. Ils seront donc obligés d’aller devant le Tribunal. De plus, la société pour laquelle ils ont travaillé a déjà des problèmes juridiques.