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24/08/2018 émigration

Sexualité et émigration

 

Laisse sa famille derrière soi pour venir travailler en France, c’est à terme se confronter à un défi qui n’est, admettons-le, pas des moindres : l’obligation d’abstinence.

Marek habite en France depuis 8 ans tandis que son épouse et ses enfants sont restés en Pologne. Il compte encore y passer quelques années, le temps d’amasser de quoi rembourser ses crédits. Il vient en Pologne de temps à autres, pour les fêtes, pendant ses congés, les longs week-ends aussi. Il discute régulièrement avec sa famille par Skype ; ça leur suffit. Il est vis-à-vis de sa femme d’une fidélité à toute épreuve ; entre eux, la confiance règne.

Ce récit laisse Krzysztof quelque peu perplexe. « Soit il ment, soit c’est un saint ». Le Polonais immigré solitaire mène bien souvent une double vie. Ils a des partenaires en France, parfois passagères, parfois pour plusieurs années. Les épouses restées aux pays aussi, ont leurs aventures. Ces infidélités s’expliquent facilement par des besoins affectifs et sexuels primaires à satisfaire, d’un côté comme de l’autre. Se tenir à une abstinence stricte et rigoureuse peut être éprouvant psychologiquement, voire carrément malsain.

Grzegorz a peut-être trouvé un bon compromis : les nouvelles technologies. Le temps du minitel et des hotlines est révolu, on peut aujourd’hui installer des applications pornographiques pour mener une vie sexuelle virtuelle. Sa femme n’était certes pas ravie en découvrant l’appli sur son smartphone. Mais après réflexion, les époux en sont venus à la conclusion que la solution était somme toute bien raisonnable. Mieux vaut tromper avec un amas de pixels ; ce n’est pas une trahison complète, et ça permet d’éviter à coup sûr MST et paternités non-désirées.

Nombreux sont ceux qui optent, souvent dans le feu de l’action, pour des comportements sexuels plus risqués. Surviennent alors de véritables angoisses : « Où passer des examens médicaux ? Comment me traiter ? Que vais-je dire à ma femme en rentrant ? ». Les villes Françaises sont certes dôtées de nombreux plannings familiaux et autres centres de dépistage. Mais pas facile de s’y retrouver quand on ne parle pas français. Pas évident, non plus, de venir demander de l’aide à une interprète ou une asso quand on touche à ces sujets-là. A Londres, on peut trouver un Centre de santé sexuelle pour Polonais. Ca serait bien utile ici, mais pas vraiment en accord avec les principes universalistes de la République française.

Parfois, ce sont aussi des couples mixtes qui se forment, des unions dont naissent des enfants. Dans certains cas, ça fonctionne bien, mais pas à tous les coups. Une fois la fascination des premières flammes dissipée, les fossés culturels prenne souvent le dessus.