Horaires des permanences

Lundi 14h-18h

Mardi 14h-18h

Mercredi : fermé

Jeudi 14h-18h

Vendredi 14h-18h

26 rue de la Solidarité, 75019 Paris (Station Danube ligne 7 bis ; porte de Pantin ligne 5 ; tram T3B Butte du Chapeau Rouge 

Inscriptions, renseignement et rendez-vous : 

|+33| (0)9 87 01 75 22

|+33| (0)6 43 75 42 15

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"J'ai commencé à boire à l'âge de 12 ans."

Je m’appelle Robert P.. J’ai commencé à boire à l’âge de 12 ans. Mon père était alcoolique et se montrait violent. J’ai commencé à boire afin d’oublier ce qu’il se passait à la maison. Au départ, je buvais avec des copains. Ensuite, lorsque j’ai eu 16 ans, je suis devenu le camarade de beuverie de mon père.

Avec mon ami, Seweryn, nous avions décidé de faire une pause au bord de la mer. Serewym conduisait la moto et moi j’étais le passager arrière. Nous étions tous les deux ivres. Je ne savais pas conduire car je n’avais pas de permis. D’ailleurs, je ne cherchais même pas à l’obtenir parce que j’étais convaincu que je ne pourrai jamais me permettre d’acheter un véhicule. Lorsque la moto a percuté l’arbre, je n’étais même pas sur le véhicule car j’étais déjà tombé de mon siège. À l’hôpital, alors que nous étions en train de dégriser, Seweryn m’a supplié de porter toute la responsabilité de cet accident. Il était marié avec deux enfants en bas-âge. Il m’a promis qu’il me récompenserait financièrement.

J’ai accepté bêtement sa proposition en ne mesurant pas les conséquences d’une telle décision. Je tiens à préciser qu’il s’agissait de mon premier jugement. J’ai pris peur lorsque j’ai été convoqué à me présenter à la Maison d’arrêt. J’ai décidé de partir à l’étranger. Je suis parti en France.

Dès mon arrivé en France, j’ai pris la décision de ne plus boire, de remettre de l’ordre dans ma vie, de trouver un travail et de fonder une famille. Avant cet accident, mon mariage avait échoué à cause de mon alcoolisme qui me poussait à avoir en permanence un verre à la main.

J’ai vécu en France pendant 18 ans. Je n’ai jamais régularisé ma situation car je ne possède aucun document d’identité. Ma vie se résume au travail au noir ou à la survie grâce aux aides sociales. J’habite dans un centre d’hébergement pour SDF. Il y a 6 ans, j’ai décidé de me soigner pour de bon de mon alcoolisme. J’ai fait une cure et je suis jusqu’à présent suivi par un spécialiste français en alcoologie. J’ai appris un métier en devenant électricien et je suis également bénévole dans le centre d’hébergement où je réside.

Il y a deux ans, le ministère de la justice a retrouvé ma trace en France et a demandé mon extradition. J’ai tenté de faire opposition en obtenant un avocat commis d’office. Malheureusement, le Tribunal français s’est plié à cette décision en exigeant mon retour vers la Pologne, menottes au poignets : me retrouver immédiatement en prison représente une terrible tragédie.

Depuis le jour du malheureux accident, j’ai parcouru un long chemin. J’ai beaucoup appris. Aujourd’hui, j’ai compris que cette vie d’errance et ces 18 années d’éloignement de ma famille et de mon pays natal était déjà une lourde peine que je m’étais moi-même infligé. Après toutes ces années de souffrance, je me suis tourné vers le Président en vue d’obtenir sa clémence afin de vivre sereinement et de rester libre. Je précise que tout au long de ces 18 ans, je n’ai jamais eu affaire avec la justice et je n’ai jamais rien commis à l’encontre du droit.

Parabole :

M. Robert P. a obtenu une réponse défavorable quant à sa demande adressée au Président. Depuis quelques jours, il se trouve en prison en Pologne. Il nous a écrit une lettre désespérée. Ses amis nous demandent également de lui venir en aide. Robert est très apprécié parmi les résidents du centre où il est bénévole. Cependant, il ne peut pas se permettre de payer un avocat.
Nous voulons l’aider, mais nous ne savons pas comment. Nous sommes en contact avec un employé du centre d’hébergement, qui lui aussi demande de lui venir en aide car il a une très bonne opinion de lui. Il est lui-même en contact avec la Maison d’arrêt : il lui a apporté un peu d’argent et des vêtements propres.

Il nous est difficile de comprendre la décision du Président.

Il s’avère que les prisons polonaises sont pleines et il est évident que M. Robert P. ne constitue en rien une menace pour la Société.

Il est sorti de son alcoolisme et est toujours suivi par des médecins spécialistes. Depuis le jugement, il n’a jamais commis le moindre délit.